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Archéologie

Néolithique

Les premières traces de la présence de l'homme sur le territoire de la commune remontent à l'époque néolithique. Ainsi, une allée couverte (dolmen) aujourd'hui disparue existait au village de Plaisance. Une pointe de flèche en silex retrouvée dans la lande du Gouarnaie atteste une activité liée à la chasse de ces hommes préhistoriques. Deux haches d'usage utilitaire (abattage des arbres) témoignent de la présence des premiers sédentaires éleveurs et agriculteurs. 

Les haches néolithiques de La Grée

Deux haches néolithiques ont été trouvées à La Grée. La plus petite, en dolérite, a une longueur de 100 mm. pour une largeur au tranchant de 40 mm., et une épaisseur maximale de 23 mm. La seconde, en fibrolite, au talon endommagé, mesure 110 mm. pour une largeur au tranchant de 48,2 mm. et une épaisseur de 28 mm. Elle a la particularité de présenter longitudinalement une trace de sciage de caractère ancien. Les haches les plus courantes et les plus nombreuses sont en dolérite.

Cette roche d'origine volcanique se présente sous forme de filons dont l'un, situé à Plussulien dans les Côtes-d'Armor, a été exploité pendant 1500 ans à l'époque néolithique. Les haches en fibrolite ne représentent que 20% de la production totale tous matériaux confondus. Les haches en fibrolite claire comme celle de La Grée proviennent du gisement de Port-Navalo en Arzon.  

Protohistoire (époque gauloise ou celtique)

Les hommes de l'Age du Fer nous ont en revanche légué un ensemble de monuments plus importants :
Le camp retranché de « Castel-Ker-Névé » aurait été aménagé à cette époque. Le nom « Camp de César » ne lui a été attribué qu’au 19è siècle.
On dénombre également une dizaine de « lec’h » : ce sont des stèles généralement sphériques et de faible hauteur, marquant l’emplacement d’une sépulture et parfois christianisés au Moyen Age. Visibles autour de la chapelle Notre Dame du Loc et de l’église, ils essaiment aussi à Kerlis, Saint-Thébaud, Kerbotin…

Le Camp de César
Le Camp de César

Les traces des différentes occupations successives du Camp de César nous sont quasiment toutes inconnues. Il est alors difficile d'attribuer ce site à une période précise de l'histoire ou de la préhistoire. Limitons nous donc à cette brève description. Le camp de César est une place forte (oppidum) d'environ ha. érigée au sommet d'un escarpement (125 m.), selon la technique de l'éperon barré. De l'endroit la vue sur Vannes et le Golfe offre un intérêt stratégique particulièrement évident. De part la déclivité du terrain (le ruisseau du contrebas est situé à environ 50 m.), il est quasiment inattaquable sur ses parties orientales et septentrionales. 

Au midi, il est artificiellement renforcé par une succession de fossés et de remparts dont les superstructures ont aujourd'hui disparu. Au regard de son flanc le plus sensible (sud), un glacis protecteur est ménagé (espace vierge de végétation, talus et autres obstacles à la vision d'assaillants potentiels).

Enfin à l'ouest se laisse facilement découvrir l'entrée du camp. Les ruines des bâtiments situés au cour de la fortification ne sont pas d'une lecture facile. Aucune fouille sérieuse n'ayant été entreprises, nous ne pouvons qu'imaginer une ou des occupations de cette place depuis le néolithique jusqu'au Moyen-Age, même si l'idée d'un aménagement à l'age du fer semble l'hypothèse la plus probable.

Même inoccupé, l'endroit ne tombe pas dans l'oubli et le Castel Ker Nevé, comme l'appelaient les voisins à l'époque, resurgit au milieu du XIXème pour alimenter les débats et controverses des archéologues locaux. Mahé (Essai sur les Antiquités du Morbihan, 1825), Cayot-Délandre (Le Morbihan, son histoire et ses monuments, 1847) et les autre s'opposent quant à l'attribution de la construction aux Vénètes, aux Romains ou encore aux adeptes d'un culte druidique. C'est de cette période et de la propagation aléatoire de leurs interprétations que date le nom de Camp de César.

Entretenues et étayées par les possibilités d'occupation du lieu par de prestigieux visiteurs, nombreuses sont les légendes liées au Camp de César. Evoquons celle qui veut qu'une chapelle souterraine soit accessible depuis une des dalles du chemin, cette autre encore qui assure qu'une barrique d'argent se trouve caché dans un autre souterrain, mais gardée par le diable. Une dernière enfin attribue la construction de la chapelle Notre-Dame de Mille Secours aux Chrétiens basés à Mangolérian, qui en avait fait le voeux en cas de victoire sur les païens établis face à eux, sur le Camp de César.

Le Camp de César est classé monument historique depuis 1973 et est propriété communale depuis 1997.  

stèle gauloiseLes stèles gauloises (ou lech) 

Vestiges de la population gauloise qui occupait le territoire communal, ces emplacements marquaient l’emplacement d’une sépulture à incinération entre les 6è et 5è siècle avant J. C.  

 Stèle de Kerbotin

Les stèles basses hémisphériques ont une taille oscillant entre 50 et 80 cm de diamètre et peuvent présenter sur leur sommet une ou plusieurs cupules (cas de celle de Kerbotin).
Très souvent  déplacées, elles ont également pour certaines été christianisées par l’ajout de croix sur leur sommet (Bourg d’en bas, placître de l’église…). 

Stèle de Coëtigo-Kerlis

C’est sans conteste la stèle de Coëtdigo-Kerlis qui est la plus représentative  des stèles gauloises sur la commune et la mieux conservée. La forme sphérique et lissée de la pierre, le bourrelet situant sa zone d’enterrement ainsi que la cupule sommitale sont ici particulièrement visibles.  

Epoque Gallo-Romaine
Les romains se sont implantés en Armorique et Saint-Avé recèle plusieurs trésors de cette époque, notemment plusieurs ossuaires (ossaria) retrouvés dans la partie nord-ouest de la commune (Lézélannec).
Les voies romaines reliant Darioritum (Vannes) aux autres cités d’Armorique traversent la commune. Celle menant à Corseul est notamment visible aux abords du village de Lezellec.
L’occupation romaine a eu un impact sur l’habitat : une villa, dont les traces ont disparu, fut découverte à Tréalvé (1857), des morceaux de tegulae (tuiles) à Saint Michel, ainsi que plusieurs pièces de monnaie.
La villa gallo-romaine de Tréalvé

Les ossaria ne sont pas les seuls vestiges de l'époque gallo-romaine découverts sur la commune. Au nombre des découvertes les plus remarquables se compte la villa de Tréalvé, éponyme de la rue tracée aujourd'hui à son emplacement. Cette villa a été découverte et fouillée entre mai et juin 1857 par C. de Fréminville.

Dans les campagnes vannetaises, ce type de villa isolée se retrouve encore au Hézo ou à Arradon, mais c'est avec celle du Talhouët en Theix, que la villa de Tréalvé offre le plus de similitudes. Toutes deux orientées au midi, sont en effet perchées sur des collines « dominant la plaine littorale. Leur plan est aussi identique : c'est le type, très répandu en Armorique, de la maison de maître avec une galerie de façade, desservant en retrait les pièces à usage domestique » (P. André)

La villa comprenait sept chambres dont une à hypocauste, c'est à dire à chauffage par le sol, particulièrement utilisé pour des bains. Ces villae étaient le plus souvent le centre d'activité agricoles, même si le raffinement de la maison principale évoque un modèle urbain (décoration à stuc peints.) Très peu de matériel a été découvert sur place, on note quelques pièces de monnaies de Gallien, Salonine, et Tétricus père. Quant aux traces de la villa, elles ont aujourd'hui totalement disparu.

A lire :
- André Patrick, Triste Alain, Quand Vannes s'appelait Darioritum, Catalogue de l'exposition au Musée de la Cohue de Vannes 1992-1993
- Galliou Patrick & André Patrick, Les Carnets de Monsieur de Fréminville II, La Villa gallo-romaine de Tréalvé en Saint-Avé (Morbihan) in Archéologie en Bretagne n° 20 1978-1979 La voie romaine